24/01/2007 13:53
Bruno de Buzonnière, directeur santé de Veolia environnement, revient pour le JDLE sur la politique mise en place par la multinationale en cas de pandémie grippale. Son objectif est de protéger ses salariés, mais aussi d’assurer les activités essentielles qu’elle conduit.
Pourquoi développer un plan pour faire face à une pandémie grippale qui reste, à l’heure actuelle, une hypothèse?
Les experts scientifiques sont unanimes, la pandémie grippale va arriver, et nous ne sommes pas légitimes pour affirmer qu’ils ont tort. La seule incertitude porte sur la date: est-ce que ce sera dans un an, dans 5 ans? Quoi qu’il en soit, nous nous devons d’anticiper et de nous préparer.
Pour Veolia, quels seraient les risques à maîtriser?
Nous en comptons deux principaux. Nous devons protéger la santé de nos travailleurs, qui sont 270.000 dans les 67 pays où nous sommes implantés. Certains métiers, comme les ripeurs, seront plus exposés que la population générale. Or, il est nécessaire, en cas de pandémie, que les travailleurs continuent à effectuer leur mission. Si nous arrêtons de faire fonctionner une usine d’eau potable parce que nos collaborateurs sont malades, nous risquons d’empoisonner les consommateurs. Si nous cessons de traiter nos déchets (mouchoirs, etc.), cela peut accélérer la propagation de la pandémie.
Veolia a deux autres activités: l’énergie et le transport. En quoi sont-elles indispensables en cas de pandémie?
Nous chauffons de nombreux hôpitaux. Quant aux transports, ils restent moins stratégiques, sauf que si l’ensemble des transports d’un pays est paralysé, ce sont toutes les activités d’un pays qui seront bloquées.
Votre groupe a-t-il déjà développé une approche risque pour ses activités?
Veolia eau est habitué à faire face à des catastrophes du type inondation. Dans le cadre de Veolia propreté, nous établissons des plans neige dans les zones de montagne, par exemple. Mais si une pandémie grippale se déclare, nous passerons à une autre échelle puisque l’ensemble des activités de Veolia environnement sera touché, et que d’autre part, nos employés pourraient en être victimes.
Comment vous êtes-vous organisés?
Nous avons travaillé sur différents scénarios, en évaluant nos dépendances. Par exemple, les usines d’eau potable ne peuvent fonctionner sans chlore. Que se passerait-il en cas de déficience du fournisseur? Une partie de la solution est d’augmenter la durée de stockage du chlore.
L’autre aspect consiste à hiérarchiser les activités. Le pire scénario serait que la moitié des employés d’une activité soient malades. Il nous faut repenser l’organisation pour assurer un service minimum. Nous considérons par exemple qu’en cas de pandémie, trier les déchets deviendra moins important. Les travailleurs qui y sont habituellement affectés remplaceront alors les ripeurs malades.
Mais s’agit-il d’une politique «mondiale»?
Chaque plan se décide à l’échelle locale, en général à celle d’une ville, par un comité de préparation de la pandémie. Ainsi, le comité du groupe Veolia environnement ne concerne que le siège social du groupe. Ma direction a tout de même créé une source d’informations commune qui comprend de la documentation, des exemples de plans gouvernementaux, etc. Et surtout, nous avons constitué des stocks de masques, répartis sur 260 sites différents. Ils permettront de protéger chaque employé pendant 40 jours, c’est-à-dire la durée d’une vague de pandémie. Bien sûr, le travailleur en contact direct avec les déchets aura un masque plus performant qu’un employé de bureau.
Tous les plans sont-ils terminés?
Non, et d’ailleurs, ils ne le seront jamais, car il est nécessaire de les améliorer constamment.
Quels sont les coûts associés à cette politique?
L’achat des masques a un prix, certes, mais il s’agit surtout d’un coût lié au temps passé par les collaborateurs de Veolia pour préparer les plans. Or, ces plans ne servent pas seulement en cas de pandémie. Ils renforcent notre organisation.
Veolia gagne 1,81% à 53,55 euros dans la perspective d'un bon chiffre d'affaires au titre du quatrième trimestre. Le groupe de services à l'environnement doit publier demain, avant l'ouverture des marchés, son chiffre d'affaires 2006. Les analystes attendent une progression de 12,6% des facturations à 28,43 milliards d'euros, contre 25,245 millions d'euros en 2005. Les analystes attendent par ailleurs des précisions sur la stratégie d'acquisition du groupe après plusieurs rachats (ATC dans le transport, Clenaway dans la propreté
.
Fin octobre, le groupe avait réitéré ses objectifs annuels, à savoir une croissance de plus de 10% du chiffre d'affaires, une hausse supérieur du résultat opérationnel et du résultat net récurrent, une amélioration du cash flow libre et une hausse d'au moins 15% du dividende net par action.
Veolia Environnement a publié ce matin un chiffre d'affaires consolidé en progression de 11,9% à 28,6 milliards d'euros en 2006 contre 25,57 milliards d'euros au 31 décembre 2005. La croissance interne s'élève à 8,1%.
' La croissance externe, de 3,8%, provient essentiellement des acquisitions réalisées par Veolia Transport en France et aux Etats-Unis (contribution de l'ordre de 443 millions d'euros cumulé
et de Veolia Propreté au Royaume-Uni (contribution de l'ordre de 215 millions d'euros). ' explique le groupe.
La part du chiffre d'affaires réalisée à l'étranger atteint 15,2 milliards d'euros, soit 53,2% du total contre 51,3% en 2005.
Par activité, la division Eau a réalisé un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros, en progression de 10,4% (9,1% de croissance interne), tandis que les ventes de la division Propreté s'élevaient à 7,5 milliards d'euros, en hausse de 10,6% (+ 7,6%). La division Energie a réalisé un chiffre d'affaires de 5,5 milliards d'euros, en augmentation de 12% (+ 10%) et le Transport a enregistré une hausse de 17,2% de son activité à 4,2 milliards d'euros (+4,7% en interne et + 12,9% en externe).
' La forte croissance de l'activité enregistrée en 2006 conforte le Groupe dans ses choix stratégiques et géographiques. Elle lui permet également de confirmer les objectifs qu'il s'est fixés pour 2006. ' a déclaré Veolia Environnement dans son communiqué.
Le groupe Veolia Environnement "confirme son objectif d'une croissance de 8 à 10%" de son chiffre d'affaires en 2007, a indiqué mardi le directeur général exécutif du groupe Jérôme Contamine lors d'une conférence de presse téléphonique.
Des déchets éthiopiens expédiés en Angleterre et traités par Veolia.
29/03/2007 12:11
L’Ethiopie a indiqué avoir transporté 640 tonnes de pesticides périmés jusqu’en Grande-Bretagne. C’est Veolia qui est chargé de leur traitement, estimé à quatre millions de dollars et financé par la Belgique. Les Nations Unies évaluent à 2.800 tonnes la quantité de substances chimiques obsolètes qui ont été accumulées depuis 30 ans dans 949 sites éthiopiens et qui menacent la santé des riverains. En cause: la mauvaise gestion des gouvernements et des donateurs de produits phytosanitaires, lesquels doivent être utilisés dans les deux ans suivant leur production.
Pays-Bas : un premier partenariat public-privé dans l’eau.
04/04/2007 11:32
Le prince héritier Willem-Alexander a inauguré le 28 mars l’usine de dépollution des eaux usées de Harnaschpolder près de La Haye. Elle est le fruit d’un partenariat public-privé (PPP) entre le Conseil de l’eau du Delfland et un consortium dont Veolia est actionnaire à 40%.
Le nom du contrat est «DBFO». D pour design, B pour build, F pour finance et O pour operate. D’un montant de 1,5 milliard d’euros, il a été remporté en 2003 par Delfluent, qui regroupe Veolia Eau (40%), l’entreprise publique de distribution d’eau néerlandaise Evides (40%), la Rabobank (10%) et deux entreprises de travaux publics, Heijmans et Strukton (5% chacune).
Ce consortium a été chargé de construire la nouvelle usine de traitement de Harnaschpolder, inaugurée le 28 mars, de rénover l’actuelle usine de traitement d’Houtrust, et de gérer et assurer la maintenance de ces deux installations pour une durée de 30 ans. «Compte tenu des exigences européennes plus strictes relatives à la qualité des eaux (1), La Haye avait besoin d’étendre ses capacités d’épuration des eaux pour se conformer à la réglementation», a indiqué Huub Glas, membre du Conseil de l’eau du Delfland.
Les deux usines seront connectées entre elles et purifieront 80% des eaux usées de la région de La Haye en répondant aux normes européennes sur l’azote et le phosphore. Celle de Harnaschpolder doit traiter à elle seule 35.800 mètres cubes d’eaux usées par heure, et reçoit une charge polluante de 1,3 millions équivalents habitants. L’une de ses particularités est la production de biogaz par les digesteurs de boues, qui, selon le consortium, pourrait contribuer à au moins un tiers de l’énergie totale de l’usine.
Le PPP qui a abouti à cette réalisation ne s’est pas fait en un jour. «Aux Pays-Bas, le secteur public de l’eau est très fort et il y a une réticence vis-à-vis du secteur privé», a expliqué Cyril Roger-Lacan, directeur de Veolia Europe. Le Conseil de l’eau du Delfland, qui est l’un des 27 du pays, a lancé un appel d’offres avec un objectif de prix inférieur d’au moins 10% à celui du secteur public. Finalement, le projet de Delfluent qui a été retenu fixe comme objectif une économie de 17% par rapport au prix public. En cas de non conformité de la qualité de l’eau aux exigences du contrat, le Conseil de l’eau a la possibilité de lui imposer des pénalités.
Au total, le financement du projet, assuré par 11 banques européennes, est de 362,5 millions d’euros. «Nous sommes le seul Conseil de l’eau du pays à avoir adopté un PPP, et ce type de contrat nécessite des investissements importants», a confié Huub Glas. De son côté, Bruno D’Artagnan, secrétaire général de Delfluent et responsable de Veolia eau Pays-Bas, a déclaré: «Nous espérons que ce projet soit le premier d’une longue série aux Pays-Bas».
(1) Directive 91/271/CEE du Conseil, du 21 mai 1991, relative au traitement des eaux urbaines résiduaires
JP Morgan relève son objectif.
JP Morgan a réitéré lundi sa recommandation 'surpondérer' sur Veolia Environnement et relevé son objectif de cours de 62 à 63 euros sur la valeur, qui continue de figurer au sein de sa liste de valeurs recommandées ('analyst focus list').
Dans une note de recherche, le bureau d'études dit croire en (1) une meilleure appréciation de la robustesse du modèle économique du groupe français, (2) la démonstration de la capacité, de l'intérêt et de l'ampleur de ses opportunités de croissance et (3) le potentiel de flexibilité du groupe concernant la structure de son bilan .
Selon JP Morgan, ces éléments devraient tirer à la hausse la valorisation du titre d'ici à la fin 2007.
Veolia voit grand autrement.
En annonçant un plan d'investissement de 15 à 20 milliards d'euros sur trois ans, une acquisition de taille moyenne aux Etats-Unis et une augmentation de capital dans la foulée pour retrouver sa flexibilité financière, Veolia démontre que son avenir ne passe pas forcément par Vinci.
Après avoir remisé ses velléités de rapprochement avec le géant de la construction et des concessions, Veolia Environnement semble revenir à une approche plus prudente concernant son développement: maintenir un rythme de croissance organique soutenu, et continuer de saisir des opportunités de croissance externe de taille petite ou moyenne.
Le groupe a rappelé avoir investi 3,2 milliards d'euros en un an pour se renforcer dans les métiers du traitement des déchets en Allemagne et en Italie, et, ce mardi, dans les réseaux de chaleur et de froid aux Etats-Unis avec le rachat de Thermal North America Inc.
Le marché semble bien accueillir l'augmentation de capital de 2,6 milliards d'euros, destinée à redonner à Veolia des marges de manoeuvre suffisantes pour financer d'autres projets.
Malgré le montant de l'appel au marché, qui représente 11% de la capitalisation boursière de Veolia, le titre recule de 0,3% alors que le CAC-40 abandonne 0,6%.
Au cours d'une réunion d'information, plusieurs analystes ont même demandé à Henri Proglio, le PDG du groupe, pourquoi ce dernier ne procédait pas à une augmentation de capital de plus grande envergure encore.
La réaction des investisseurs peut s'expliquer par le fait que le rachat de TNAI devrait être peu dilutif et que les acquisitions annoncées ces derniers mois vont alimenter une croissance d'au moins 10% des ventes entre 2007 et 2009, ainsi qu'une forte visibilité sur les flux de trésorerie future des différents métiers du groupe - même s'il reste tout un travail de redressement de la profitabilité du transport - activité dont les marges ont évolué à contresens de celles du reste du groupe ces trois dernières années.
En outre, elle permet à la direction de Veolia de mettre une fois de plus en lumière qu'en l'absence d'un projet de croissance externe plus significatif, les perspectives de développement sont saines, Veolia se trouvant à la convergence de tout une série de questions liées à la préservation de l'environnement et au développement durable.
En voyant grand, mais différemment, Veolia montre qu'il peut se montrer ambitieux sans déroger à la règle de prudence toujours mise en avant par sa direction.
Veolia voit croissance CA à plus de 10%/an jusqu'en 09.
Henri Proglio a réaffirmé que Veolia pourrait être intéressé par certains actifs de son concurrent franco-belge Suez (SZE) dans l'eau et le traitement des déchets, au cas où ces actifs seraient mis en vente.
Le dirigeant a déclaré aux journalistes qu'il serait de son devoir d'étudier d'éventuelles opportunités, mais que celles-ci ne seraient pas forcément une nécessité pour Veolia.
Il a conclu qu'il n'y avait rien de nouveau dans sa position, qui n'a pas changé depuis plus d'un an.
Des spéculations sont apparues autour d'une cession par Suez de ses actifs de gestion des déchets en prélude à une éventuelle fusion avec Gaz de France.
Veolia : intègre deux indices de développement durable.
Veolia Environnement a annoncé avoir été sélectionné pour intégrer le Dow Jones Sustainability World Index et le Dow Jones STOXX Sustainability Index ainsi que le FTSE4Good.
Créés respectivement en 1999 et 2001, les indices Dow Jones Sustainability Index et FTSE4Good sélectionnent les entreprises en fonction de leur performance en matière de développement durable.
Ces classements soulignent notamment la performance de Veolia Environnement dans ses relations avec les parties prenantes, en particulier en matière de gestion des ressources humaines ainsi que vis-à-vis des clients et des communautés locales.
Veolia recule avant spin-off de Suez.
L'action de Veolia (VE), qui a clôturé en baisse de 5,2% à EUR43,93, a décroché en raison de spéculation selon laquelle les activités environnementales de Suez (SZE.FR), qui font l'objet d'une scission, seront placées sur le marché avec un fort rabais, observe un opérateur parisien. D'après lui, cette rumeur n'a aucun fondement concret, mais un Suez Environnement à bon marché pourrait survaloriser Veolia, estime-t-il. Un porte-parole de Suez a affirmé, mercredi tard dans la soirée, qu'il n'y aurait pas de ventes de titres du pôle environnement mais seulement "une distribution" aux actionnaires existants de Suez. "Suez ne vendra pas de titres" a-t-il affirmé. Le fait que Suez ne mette pas en vente de titres à un prix donné signifie que les spéculations sur une décote ou un rabais sont "dépourvus de sens", a-t-il ajouté.