L'actualité de la fusion GDF/Suez
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a demandé vendredi Nicolas Sarkozy, candidat à l'Elysée, d'annoncer "clairement" s'il déciderait de "poursuivre ou non" la privatisation de GDF.
Le gouvernement va "mettre en application sans tarder" la privatisation de GDF après le feu vert du Conseil constitutionnel, a confirmé mardi le ministre de l'Economie Thierry Breton.
"Cette loi a été votée de façon démocratique dans les deux chambres. Le Conseil constitutionnel vient de la valider. Il convient de la mettre en application sans tarder", a-t-il déclaré lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
Le Conseil constitutionnel a validé jeudi le projet de loi sur l'énergie, préalable au projet de fusion de GDF avec Suez. Les "sages" ont toutefois différé au 1er juillet 2007, soit après l'élection présidentielle, la mise en oeuvre effective de la fusion. Ils ont par ailleurs censuré l'article 17 du texte sur le tarif réglementé d'électricité et du gaz.
A ce sujet, Thierry Breton a assuré que les Français "continueront à bénéficier du tarif réglementé à compter du 1er juillet 2007".
La décision du Conseil constitutionnel "ne concerne que ceux qui déménagent dans un local qui n'avait pas le gaz", a expliqué le ministre de l'Economie. "C'est vrai que c'est une triste bévue", a-t-il reconnu.
"La privatisation de GDF va être tranchée par le peuple français", a estimé le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault dans sa question. Il a jugé que le Conseil avait mis en échec la "stratégie du fait accompli" du gouvernement et demandé au ministre s'il comptait renoncer à publier le décret de privatisation de GDF.
Après le dernier revers essuyé par le projet de mariage entre Suez et GDF, de nouveaux scénarios voient le jour. Les actionnaires de Suez qui se plaignent déjà d'une parité fusion défavorable et d'une perte de contrôle dans le nouvel ensemble, pourraient refuser d'accepter ce mariage. Selon le "Financial Times" du 5 décembre, certains administrateurs, dont Albert Frère, principal actionnaire de Suez, pourraient décider, avant le conseil de vendredi, s'ils vont soutenir la fusion ou au contraire demander l'examen d'autres possibilités. Conséquence de cette situation, les rumeurs se multiplient.
L'échec de la fusion pourrait avoir pour conséquence d'isoler GDF, voire de le condamner à se marier avec un concurrent étranger, alors que les rapprochements dans l'énergie se multiplient partout en Europe. Suez sortirait également affaibli de la partie. "La Tribune" verrait bien, alors, un mariage entre Suez et l'allemand RWE, numéro trois européen de l'énergie.
Parallèlement, Romano Prodi, le Président du Conseil italien, a déclaré que le changement de donne sur le dossier Suez-GDF pourrait rouvrir la porte à Enel. Le groupe italien a en effet manifesté à de nombreuses reprises sa volonté d'un rapprochement avec Suez, une éventualité vivement écartée par Paris.
Le magazine "Capital" émet même l'hypothèse, peu réaliste, d'un rachat de Suez par GDF, et non plus d'une fusion entre égaux. GDF n'aurait plus besoin d'être privatisé (l'Etat pourrait conserver 51% du capital, contre 80% actuellement), ce qui limiterait les risques d'opposition au projet. Au lieu de payer intégralement avec ses titres, GDF rachèteraient les titres Suez en partie en cash. Cette hypothèse impliquerait une augmentation de l'endettement du gazier. La conséquence d'une telle démarche serait la nationalisation de Suez, et non la privatisation de GDF.
Le PDG de GDF, Jean-François Cirelli, a écrit jeudi à son homologue de Suez, Gérard Mestrallet, lui répétant sa volonté de voir leur projet de fusion aboutir, a-t-on appris de source proche du dossier, alors qu'un conseil d'administration de Suez se penchera vendredi sur ce sujet.
Le P-DG de Suez, Gérard Mestrallet, va proposer à son conseil d'administration des participations croisées avec Gaz de France en attendant une fusion totale, rapporte la presse.
Cette solution intérimaire ne nécessiterait pas une privatisation de GDF, qui n'est pas possible avant le 1er juillet 2007 selon une décision du Conseil constitutionnel.
Selon Les Echos, des banquiers étudient aussi le lancement d'une OPA de GDF sur Suez en maintenant la part de l'Etat au-dessus de 50% (contre 80% actuellement). Le quotidien estime que "renationaliser" Suez sera toutefois "sportif".
C'est l'option des participations croisées qui semble privilégiée, selon Les Echos, le Financial Times et Le Figaro.
Le FT indique que ce schéma permettrait à l'Etat d'avoir 20% de Suez et 51% de GDF dans un premier temps. En juillet, Suez monterait dans GDF et la part de l'Etat dans le nouvel ensemble se situerait alors autour de 34%, niveau prévu dans le projet initial.
Le conseil d'administration de Suez a confirmé vendredi sa volonté de poursuivre le processus de fusion avec Gaz de France en dépit de la décision du Conseil constitutionnel qui l'empêche d'être bouclée avant le 1er juillet, a-t-il annoncé dans un communiqué.
En voilà une bonne nouvelle et gaz prend dans les derniers échanges + 2,56 % pour un cours de 34,09 €.
à signaler 2 applications à la cloture qui font beacoup de sous :
17:30:12 34,09 255 223 8 700 552,07 0,0259%
17:30:12 34,09 124 049 4 228 830,41 0,0126%
Un actionnaire minoritaire de Suez, le fonds américain Knight Vinke, hostile à une alliance avec Gaz de France, a affirmé dimanche qu'une "offre publique déposée par GDF, entièrement en cash et incluant une prime de contrôle, serait le seul moyen de faire fusionner les deux sociétés".
L'entreprise algérienne des hydrocarbures Sonatrach et le groupe français Gaz de France (GDF), doivent signer lundi à Alger deux contrats gaziers, a annoncé dimanche dans un communiqué le ministère algérien de l'Energie et des Mines.
Le premier porte sur "la vente de gaz naturel algérien à travers le gazoduc algéro-espagnol MEDGAZ, et le second, sur la réservation par Sonatrach d'une capacité de regazéification sur le terminal de Montoir (bassin parisien)".
Le futur gazoduc Medgaz reliera, à compter de fin 2008-début 2009, Beni Saf, dans l'ouest algérien, à Almeria (Espagne). Sa capacité sera de 8 à 10 milliards de m3/an, extensible à 16 milliards de m3/an pour pouvoir acheminer, par la suite, le gaz vers le reste de l'Europe.
Ce projet implique le groupe GDF à hauteur de 12%, soit un financement de 640 millions d'Euros.
Pour GDF, cet investissement contribuera à hisser d'ici 2010 l'Algérie -dont les exportations vers l'Europe devraient augmenter de 40% d'ici à 2015- au deuxième rang de ses fournisseurs derrière la Norvège, quasiment à égalité avec la Russie, explique le communiqué du ministère.
Ces deux contrats doivent être signés à l'occasion de la visite qu'entame dimanche à Alger le ministre français de l'Economie, des finances et de l'industrie Thierry Breton.
M. Breton aura des entretiens avec le président Abdelaziz Bouteflika , le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem, le ministre des finances Mourad Medelci et le ministre de l'énergie et des mines Chakib Khalil. Une visite qui "a pour vocation de renforcer le partenariat économique et financier" franco-algérien et "de tenir la première réunion du Comité pour le partenariat et le développement dont le principe avait été décidé par les deux ministres lors de leurs rencontres précédentes", selon l'ambassade de France.
Le nouveau gouvernement formé après les élections présidentielles de 2007 devra proposer une "alternative" s'il est opposé au projet de fusion entre Suez et GDF, a déclaré une porte-parole de GDF, rapportant des propos tenus par Jean-François Cirelli, P-DG de l'opérateur gazier français.
"Ce qui m'intéresse, c'est le développement et l'avenir de mon entreprise. Si on ne veut pas de ce projet ou si demain un nouveau gouvernement dit : 'moi, je ne le poursuis plus', qu'est-ce-qu'on va faire de Gaz de France ?", a-t-il dit.
Jean-François Cirelli, dont les propos ont été rapportés initialement par l'AFP, était invité à un débat organisé par le magazine l'Usine Nouvelle.
"Je suis confiant sur ce projet, mais naturellement je serai respectueux du choix des actionnaires, et au premier rang duquel l'Etat, actionnaire à 80%. Mais si on avait un actionnaire qui disait 'moi je n'apprécie pas ce projet', je lui dirais 'très bien', mais quelle est l'alternative pour vous ?", a-t-il ajouté, selon la porte-parole de GDF.
L'issue de la fusion entre Suez et GDF est plus incertaine depuis une décision du Conseil constitutionnel qui la repousse à juillet 2007 - date de l'ouverture totale du marché de l'énergie à la concurrence - soit après les élections présidentielle et législatives.
Le Parti socialiste a annoncé qu'il reviendrait sur la privatisation de GDF s'il remportait les élections de 2007.
Un conseil d'administration de Gaz de France devant faire le point sur le processus de fusion avec le groupe énergétique Suez se tiendra mercredi 20 décembre, a indiqué à l'AFP un administrateur salarié du groupe gazier public.
En quête de solutions pour sauver son projet de fusion avec Gaz de France, qui ne pourra pas voir le jour avant la mi-2007, Suez a proposé d'acquérir 30% du groupe gazier mais s'est heurté au refus de son partenaire comme du principal actionnaire de celui-ci, l'Etat français, rapporte le Financial Times.
Selon le journal, le président de Suez, Gérard Mestrallet, a proposé mardi cette solution à son homologue de GDF, Jean-François Cirelli, après en avoir suggéré l'idée au gouvernement.
Citant des sources proches du dossier, il ajoute que Suez aurait également souhaité obtenir le contrôle de certaines décisions managériales et stratégiques de GDF.
Le Financial Times précise que Suez a démenti avoir présenté quelque proposition officielle mais indique, sur la base de sources proches des deux groupes, qu'une telle offre a bien été discutée.
Gérard Mestrallet a été mandaté la semaine dernière par son conseil d'administration pour mener les discussions nécessaires en vue de faire aboutir le projet de fusion avec Suez. Le calendrier de celle-ci a été mis à mal par une décision du Conseil constitutionnel ordonnant qu'elle ne pourra être effective avant le 1er juillet prochain, date de l'ouverture totale des marchés du gaz et de l'électricité en Europe.
Toujours selon le Financial Times, un conseil d'administration est prévu la semaine prochaine chez Gaz de France pour discuter de l'avancement du projet de fusion, qui risque de se heurter à des considérations politiques en raison des élections présidentielles et législatives du printemps prochain en France.
Gaz de France affirme vendredi avoir "fait le nécessaire" pour informer le comité d'entreprise européen (CEE) sur les conséquences d'une fusion avec Suez et espère le réunir "début janvier 2007".
Les actions Suez et GDF étaient en baisse mardi matin, affectée par des informations allant dans le sens d'un report de leur fusion, qui ne devrait pas pouvoir aboutir avant le 1er juillet 2007. A 09H45 (08H45 GMT), Suez perdait 1,31% à 37,70 euros et Gaz de France 0,68% à 33,79 euros dans un marché en baisse de 1,11%. "Ce +nouveau+ calendrier place la question du projet de fusion au coeur de la campagne présidentielle. Il n'est pas certain qu'il trouve beaucoup de soutien, même à droite, car la privatisation de GDF n'est pas un argument très fédérateur de bulletins de votes", soulignent les analystes de Raymond James. La fusion entre Suez et Gaz de France (GDF), qui aurait dû théoriquement aboutir avant la fin de l'année 2006, ne se fera sans doute pas avant le 1er juillet 2007, en raison des incertitudes politiques liées aux élections du printemps, a indiqué lundi à l'AFP une source proche du dossier. Selon cette source, il ne sera guère possible pour les deux groupes de réunir leurs assemblées générales pour entériner la fusion avant le 1er juillet, date prévue de l'ouverture totale du marché de l'énergie à la concurrence. Dans ce contexte, les analystes de Fideuram Wargny ont abaissé leur recommandation sur le titre Suez à "conserver" contre "achat" auparavant. "La décision (du Conseil Constitutionel), en éloignant de plus de six mois la perspective de la fusion avec GDF, soit après les élections, n'incite pas à l'optimisme et nombre d'éléments risquent d'évoluer d'ici là", commentent-ils dans une note à leurs clients. "Aucun nouveau calendrier n'a été élaboré depuis. De même, quid de la parité de fusion, quid du montant du dividende exceptionnel ou d'un scénario alternatif en cas d'un revirement de l'Etat suite aux élections?", se demandent-ils. Fideuram Warny, relève en revanche l'objectif de cours à 37 euros contre 34 auparavant. Par ailleurs, Gaz de France a signé mardi la prolongation de son contrat d'approvisionnement avec le géant russe Gazprom jusqu'en 2030, à raison de 12 milliards de m3 par an, ont annoncé mardi les deux groupes. Ce contrat représente environ deux milliards d'euros par an, a-t-on indiqué à l'AFP de source proche du dossier.
Bonjour chris,
Dans ce contexte, les analystes de Fideuram Wargny ont abaissé leur recommandation sur le titre Suez à "conserver" contre "achat"
Suez est sous-valorisée par l'offre actuelle de l'Etat.
Je ne suis pas actionnaire, mais je pense
qu'il faut garder le titre.
Bonne journée
Le groupe français Gaz de France a renouvelé mardi jusqu'en 2030 son approvisionnement en gaz russe, en échange de quoi il va permettre au géant russe Gazprom de prendre pied sur le marché français de la distribution à l'horizon 2007.
Gaz de France a sécurisé ses livraisons en prolongeant de 18 ans un accord qui courait jusqu'en 2012 et portait sur douze milliards de m3 par an, selon un communiqué commun des deux groupes.
Outre ces 12 milliards annuels, le groupe recevra 2,5 mds de m3 supplémentaires par an à compter de 2010 lorque le gazoduc germano-russe sous la Baltique, le Nord Stream, entrera en service.
"Ce sont 20 ans d'approvisionnement énergétique de la France qui nous sont assurés", s'est félicité le PDG de GDF, Jean-François Cirelli, lors de la signature du contrat à Moscou en notant que les achats portaient sur "presque 200 milliards de m3 de gaz" au total.
Ce contrat représente environ deux milliards de dollars par an, a-t-on indiqué de source proche du dossier.
"Les contrats que nous avons signés aujourd'hui marquent une nouvelle avancée dans le développement d'un partenariat de long terme entre la Russie et la France", s'est aussi réjoui le président du directoire de Gazprom, Alexeï Miller.
Aux termes de cet accord, Gaz de France s'est engagé à retrocéder jusqu'à 1,5 milliard de m3 par an à partir de 2007 au groupe russe pour alimenter sa filiale de distribution en France, qui vend directement du gaz aux clients industriels et entreprises.
"Dès l'automne 2007, nous aurons la possibilité de commercialiser du gaz en France", s'est félicité Alexeï Miller.
Pour l'instant, la filiale de distribution de Gazprom en France se fournit sur des marchés "spot" de court terme, sur lesquels les prix sont plus élevés. Cet accord de rétrocession permet donc au groupe russe de faire tourner sa filiale en lui garantissant un approvisionnement à meilleur marché.
Selon une source proche de dossier, Gazprom devrait parvenir à commercialiser 1,5 milliard de m3 aux alentours de 2010. Cette quantité de gaz représente environ 3 ou 4% du marché français.
Le géant russe, qui veut s'imposer comme un acteur de la distribution sur les marchés européens, a inauguré en novembre à Paris sa filiale française de vente directe de gaz et compte pour l'heure un peu moins d'une dizaine de clients industriels.
Tout à son offensive européenne, Gazprom a déjà annoncé à la mi-novembre un accord avec son homologue italien Eni, comprenant la vente directe de gaz par le géant russe en Italie à partir de 2007 en contrepartie d'un contrat de fourniture à Eni jusqu'à 2035.
De plus, GDF et Gazprom ont prévu "d'accroître leur coopération dans le domaine de la fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL), de la formation et de la protection de l'environnement", selon le communiqué.
Par cette opération, Gaz de France s'assure pour l'avenir des volumes de gaz importants, Gazprom lui ayant fourni 23% de son gaz en 2005 et les contrats à long terme ayant représenté 81% de son portefeuille d'approvisionnement l'année dernière.
Les autres grands fournisseurs de groupe français, qui livre du gaz à l'ensemble des ménages français au moins jusqu'à l'ouverture totale du marché à la concurrence prévue le 1er juillet 2007, sont la Norvège (30%), l'Algérie (18%) et les Pays-Bas (17%).
"Les contrats de long terme restent le socle de l'industrie gazière. Pour les fournisseurs, ils visent à sécuriser dans la durée les débouchés du gaz produit (...) et ils apportent la stabilité et la sécurité des approvisionnements des clients", selon Gaz de France
Gaz de France a déclaré que des négociations sur un nouveau calendrier de fusion avec Suez devaient être engagées dès que possible si le projet ne peut être mis en route rapidement.
"Le calendrier avec Suez doit prendre en compte le cadre institutionnel. Pour GDF, nous avons proposé à Suez de fusionner le plus tôt possible", a déclaré le président du groupe, Jean-François Cirelli, à des journalistes.
"Si cela n'est pas possible, il faut engager des négociations le plus rapidement possible pour établir un nouveau calendrier", a-t-il ajouté.
Le calendrier du projet de rapprochement entre les deux groupes a été mis à mal par une décision du Conseil constitutionnel qui a validé la privatisation du groupe gazier tout en indiquant qu'elle ne pourrait être effective avant le 1er juillet 2007, date de l'ouverture totale des marchés du gaz et de l'électricité en Europe.
Pour contourner cet écueil, GDF a proposé à son partenaire une fusion à effet différé, a savoir d'engager le processus dans les prochaines semaines pour qu'elle devienne effective dès le 1er juillet.
De source proche de GDF, on a déclaré que Suez n'était jusqu'ici pas favorable à une telle solution en raison des élections présidentielle et législatives du printemps prochain, dont l'issue pourrait remettre en cause l'opération.
Le projet de fusion entre Suez et Gaz de France suscite des doutes croissants alors que les protagonistes semblent bloqués par l'élection présidentielle du printemps prochain.
Plusieurs analystes financiers jugent mercredi improbable que l'opération se réalise comme prévu et soulignent que Suez offre de nouveau un attrait spéculatif.
Vers 11h10, le titre du groupe d'énergie et de services à l'environnement gagne 0,32% à 37,82 euros et GDF recule de 0,35% à 33,83 euros alors que le DJ Stoxx Utilities cède 0,21%.
A l'origine des doutes, les indiscrétions selon lesquelles il sera difficile d'organiser des assemblées générales destinées à statuer sur la fusion avant le 1er juillet 2007, la privatisation n'étant pas possible avant cette date qui marque l'ouverture totale du marché à la concurrence et donc la fin du service public national, selon le Conseil constitutionnel.
"A ce stade, plus rien, voire même un abandon progressif de l'opération, ne peut plus être raisonnablement écarté même si et surtout aucun des deux protagonistes ne voudra tirer le premier et endosser la responsabilité officielle de l'échec", explique Patrice Lambert de Diesbach, analyste chez CIC Securities.
Pour Mark Lewis, de Deutsche Bank, les dernières informations "ajoutent de l'incertitude dans une situation déjà compliquée et si les assemblées sont reportées à juillet le risque politique qui pèse sur l'accord va se renforcer".
Un autre spécialiste du secteur basé à Londres estime que "l'attentisme va prévaloir jusqu'à la présidentielle".
La décision du Conseil constitutionnel de valider la privatisation de GDF tout en en repoussant les effets après le 1er juillet a décalé le calendrier de plusieurs mois alors que les deux entreprises espéraient encore pouvoir boucler un accord fin 2006 et le soumettre aux actionnaires en février.
CONSEIL D'ADMINISTRATION DE GDF
Le projet est désormais à la merci des échéances électorales. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et probable candidat de l'UMP, est resté à retrait jusqu'ici sur ce dossier tandis que l'opposition socialiste a réaffirmé son hostilité à la fusion.
Le P-DG de GDF, Jean-François Cirelli, a déclaré mardi qu'il avait proposé à Suez d'engager rapidement le processus de fusion, le Conseil constitutionnel autorisant tous les actes conduisant au rapprochement d'ici le 1er juillet.
"Si cela n'est pas possible, il faut engager des négociations le plus rapidement possible pour établir un nouveau calendrier", a-t-il dit à des journalistes à Moscou.
GDF tient mercredi après-midi un conseil d'administration sur le bilan de l'année et le budget 2007. Mais il est probable que le projet de fusion occupe une large part des débats.
Le groupe public attend un rapport d'expert sur les conséquences sociales de la fusion avant de réunir le comité d'entreprise européen (CEE) puis le conseil d'administration, qui devrait avoir lieu au début de l'année prochaine.
Mais faute d'un accord avec Suez et avec le ministère de l'Economie et des Finances, aucune décision ne peut être prise sur la mise en oeuvre.
Gaz de France annonce que son Conseil d'Administration s'est réuni ce jour, sous la présidence de Jean-François Cirelli, et a réaffirmé que la fusion avec Suez constitue pour le groupe 'la meilleure option stratégique pour renforcer le développement de l'entreprise dans l'intérêt de ses clients, de ses collaborateurs et de ses actionnaires'.
Le CA demande au Président de Gaz de France de définir avec Suez un calendrier de réalisation de ce projet, et ce 'dans les meilleurs délais'.
Ce calendrier devra tenir compte 'des dispositions légales en vigueur après leur approbation par le Conseil Constitutionnel'.
L'investisseur américain Eric Knight, président du fonds Knight Vinke et possesseur d'environ 1% du capital de Suez durcit le ton dans le dossier de la fusion Suez/Gaz de France. " Il serait temps que le conseil d'administration de Suez reconnaisse que la poursuite, à n'importe quel prix, de cette fusion est contraire aux intérêts des actionnaires ", a-t-il confié aux " Echos ". Eric Knight estime qu'il est temps " d'envisager un changement de management afin de sauvegarder le peu de crédibilité qui subsiste ".
GDF et Maïa Sonnier ont signé le pacte d'actionnaires de leur filiale commune Maïa Eolis qui assurera le développement et l'exploitation de parcs éoliens en France et en Europe. Cette filiale est détenue à 49% par GDF. le gazier investit dans ce projet plus de 110 millions d'euros dans le but de détenir d'ici 2012 10% de sa capacité d'électricité provenant de sources d'énergies renouvelables. A ce jour, Maïa Eolis détient et exploite 4 parcs éoliens situés en Lorraine d'une puissance totale de 48MW. Elle possède un portefeuille de projets de plus de 600 MW en France.